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Questions-Réponses concernant la grippe aviaire.
1. Qu’appelle-t-on grippe aviaire ?
La grippe aviaire (appelée aussi "grippe du poulet") est une maladie animale dénommée par les vétérinaires "influenza aviaire". Il s’agit d‘une infection due à un virus du genre (ou type) Influenzavirus A. Celui-ci est divisé en sous-types, parmi lesquels les sous-types H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle est habituellement inapparente ; dans ce cas, les oiseaux infectés par une souche dite faiblement pathogène ne montrent aucun symptôme. Cependant les souches faiblement pathogènes peuvent muter et circuler plus rapidement à l’intérieur des troupeaux ou entre les troupeaux de volailles, en particulier si les barrières sanitaires entre élevages sont insuffisantes ; à partir d’un certain degré de virulence, ces souches provoquent une maladie appelée influenza aviaire. Les souches des sous-types H5 (notamment le H5N1) ou H7 peuvent acquérir un haut degré de virulence (ou pathogénicité) et devenir des souches dites "hautement pathogènes". La maladie est alors fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et est susceptible d’entraîner une mortalité élevée, provoquant ainsi des épizooties aux graves conséquences économiques pour l’élevage avicole. Le virus (en particulier les souches hautement pathogènes) de l’influenza aviaire peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc ou d’autres mammifères dont l‘homme, et l’on parlera alors de grippe aviaire de l’homme.
N.B. : Par analogie avec le mot "épidémie" applicable à l’espèce humaine, on parle d’"épizootie" d’influenza aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d’oiseaux à la fois dans une région donnée. Pour ce genre de maladie des oiseaux, les vétérinaires utilisent aussi le terme de peste aviaire, dont ils décrivent deux types : l’influenza aviaire hautement pathogène, potentiellement transmissible à l’homme, et la maladie de Newcastle, qui quant à elle, n’est pas transmissible aux êtres humains.
2. Quels sont les risques représentés par le virus de l’influenza aviaire ?
L’influenza aviaire est une grave maladie des volailles, très contagieuse, qui cause de gros dégâts dans les élevages avicoles qui en sont affectés. Elle constitue de ce fait un fléau de l’aviculture mondiale, contre lequel les autorités vétérinaires exercent un contrôle permanent pour diminuer les pertes économiques induites. Le virus de la grippe aviaire de type A (exemple du sous-type H5N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme, comme le montre le phénomène observé depuis janvier 2004 en Asie et dans divers pays d’Afrique et du Moyen-Orient. La contamination est aérienne, et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés, avec des déjections ou des sécrétions respiratoires d’oiseaux infectés. Elle peut se faire de façon directe ou indirecte (par l’intermédiaire des surfaces et/ou des mains souillées par les déjections). Mais toutes les personnes exposées au virus ne tombent pas malades ; en effet, la maladie de l’homme, la grippe aviaire, provoquée par un virus influenza non modifié issu d’un oiseau, reste un phénomène rare. L’absence de maîtrise des épizooties d’influenza aviaire, c’est-à-dire la multiplication des foyers animaux dans le temps et dans l’espace favorise les cas de transmission du virus aviaire à l’homme et augmente la probabilité de l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait la transmission inter-humaine de ce nouveau type de virus, avec le risque d’épidémie, voire de pandémie (très large diffusion géographique), qui en découle.
3. Quelle est la répartition géographique des foyers d’influenza aviaire hautement pathogène dans le monde ?
Depuis le début de l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène sévissant actuellement au niveau mondial, environ une soixantaine de pays ont connu ou connaissent encore des foyers de cette maladie sur les oiseaux domestiques ou l’avifaune sauvage.
En Europe, des foyers d’influenza aviaire à virus H5N1 concernant des volailles ont été déclarés en 2008 en Allemagne, Roumanie, Pologne, Grande-Bretagne, etc .
Pour voir la situation mondiale des foyers d’influenza aviaire hautement pathogène concernant des oiseaux domestiques depuis 2003 : cliquez ici.
4. Le virus de l’influenza aviaire est-il transmissible de l’oiseau à l’homme ?
Le virus de la grippe aviaire de type A (H5N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme. Le phénomène observé depuis janvier 2004, en Asie puis dans certains pays du Moyen-Orient, en Turquie et en Afrique, confirme l’existence de plusieurs cas de transmission de ce type. Un phénomène semblable de transmission d’un virus aviaire à l’homme a déjà été observé en Chine en 1997 ("grippe du poulet" à Hong Kong) avec un virus H5N1, et aux Pays-Bas au printemps 2003 avec un virus H7N7. La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des déjections ou des sécrétions respiratoires d’oiseaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections).
5. Le virus de l’influenza aviaire est-il transmissible d’homme à homme ?
Une transmission secondaire d’homme à homme est possible mais reste exceptionnelle (3 cas intra-familiaux documentés aux Pays-Bas au printemps 2003 avec le virus H7N7). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, à ce jour, il n’existe pas de preuve formelle d’une transmission inter-humaine en Asie, zone la plus touchée par les cas humains (à la date du 19/06/08, au total 385 cas humains, dont 243 décès, officiellement répertoriés dans 15 pays dans le monde : pour en consulter la liste, cliquez ici).
6. Le virus de l’influenza aviaire peut-il se transmettre à d’autres animaux que les oiseaux ?
La transmission de ce virus à certains mammifères est possible. On connaît notamment des cas d’infection de certaines espèces telles que le porc, la civette ou les félins (chats en Allemagne, Autriche, Roumanie, Irak et Indonésie ; tigres en Asie). Ces animaux, s’ils sont fortement infectés par le virus aviaire, peuvent développer des signes cliniques de maladie et même en mourir. L’infection par le virus H5N1 a également été identifiée chez un chien en Thaïlande.
7. Comment se transmet le virus chez les oiseaux ?
Le virus se transmet essentiellement soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par l’exposition à des matières contaminées (par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, du matériel et de vêtements contaminés). Les espaces confinés favorisent la transmission du virus.
8. Pourquoi craint-on les oiseaux migrateurs ?
A partir de 2005, le virus H5N1, présent au départ en Asie du Sud-Est, s’est disséminé en quelques mois en Asie centrale et en Russie, puis au Moyen-Orient, en Europe, en Égypte et en Afrique subsaharienne, via des oiseaux sauvages qui empruntent des couloirs aériens de migration passant au dessus de l’Europe de l’Est pour aller vers les pays du sud. Ces oiseaux migrateurs sont donc susceptibles de porter le virus et de le transmettre à des oiseaux domestiques ou sauvages sédentaires dans les pays survolés.
9. Comment reconnaître la maladie dans un élevage de volailles ?
Après une période d’incubation de 3 à 5 jours, les signes suivants peuvent apparaître : diminution de l’appétit, prostration des oiseaux avec absence de cris, réduction considérable de la production d’œufs, puis évolution vers une mort subite des volailles (avec ou sans symptômes digestifs, respiratoires ou nerveux, la mortalité pouvant atteindre 90 à 100 % des oiseaux, d’où le terme de "peste aviaire" utilisé par les vétérinaires pour caractériser l’influenza aviaire hautement pathogène).
10. Que dois-je faire si j’observe dans mon élevage de volailles ou d’oiseaux d’ornement, des signes de maladie contagieuse ?
Vous devez aussitôt appeler votre vétérinaire, en lui décrivant les symptômes observés. S’il suspecte une maladie réputée contagieuse telle que l’influenza aviaire ou la maladie de Newcastle, il fera en urgence une visite de votre élevage pour y pratiquer des recherches cliniques et épidémiologiques, et pour réaliser des autopsies et des prélèvements. Dans le cas d’une suspicion avérée de maladie réputée contagieuse, les frais de cette visite sont pris en charge par le budget de l’État : vous n’aurez donc rien à payer.
A noter que toute personne propriétaire ou détentrice d’animaux ayant connaissance de symptômes permettant de suspecter l’apparition d’une maladie réputée contagieuse doit en faire la déclaration auprès d’un vétérinaire ou du maire de la commune où se trouvent les animaux suspects : c’est une obligation légale imposée par le code rural, sous peine de sévères sanctions pénales.
11. Quelles sont les mesures sanitaires prises en France en cas de survenue d’un foyer d’influenza aviaire dans un élevage ?
Les mesures prises par les autorités françaises sont de deux types :
- des mesures de protection et d’hygiène individuelle (lavage fréquent des mains au savon, port de masques jetables, de lunettes et de gants de protection, lavage des bottes à la sortie des élevages, etc...).
- des mesures médicales, basées sur un traitement médicamenteux préventif à l’égard du virus influenza, donné sur prescription médicale aux personnes les plus exposées dans l’exploitation contaminée.
- des mesures de protection collective, telle que la vaccination contre la grippe humaine saisonnière, pour éviter la recombinaison virale et l’apparition d’un virus mutant hautement pathogène pour l’homme.
12. Quelles sont les mesures sanitaires prises en France lors d’un cas d’influenza aviaire dans l’avifaune sauvage ?
En cas de découverte d’un oiseau sauvage infecté par le virus H5N1 (canard, cygne, ...), les mesures consistent en la mise en place d’un périmètre de protection renforcée autour du site où a été découvert cet oiseau (instauration d’une zone de contrôle prolongée par une zone d’observation). Les élevages d’oiseaux y sont recensés et surveillés, et les transports de personnes, d’oiseaux vivants et de produits avicoles sont soumis pendant un certain temps à des mesures de surveillance, voire de restriction ou d’interdiction.
13. A quoi correspond la notion de niveau de risque épizootique en matière d’influenza aviaire ?
Depuis la publication de l’arrêté ministériel du 5 février 2007, qui a été récemment abrogé et remplacé par l’arrêté du 24 janvier, les autorités françaises définissent différents niveaux de risque épizootique auxquels sont exposés les oiseaux captifs en cas d’infection, avérée ou non, des oiseaux sauvages par un virus influenza aviaire hautement pathogène. Cet arrêté précise également les mesures de surveillance et de prévention applicables pour chacun des niveaux.
Il existe 6 niveaux de risque, allant de "négligeable 1" à "très élevé", qui sont définis en fonction de la fréquence et de la situation géographique (en France ou à l’étranger) des cas d’oiseaux sauvages touchés par le virus influenza.
Pour chaque niveau, sont imposées diverses mesures de surveillance des oiseaux sauvages ou captifs, et des mesures de prévention et de biosécurité pour les élevages avicoles. Ces mesures sont d’autant plus contraignantes que le niveau de risque est important.
14. Les mesures applicables selon les niveaux de risque sont-elles les mêmes partout sur le territoire français ?
S’agissant des niveaux de risque, l’arrêté du 24 janvier 2008 a introduit la notion de régionalisation possible du niveau de risque, ce qui signifie qu’en fonction de la situation géographique et du nombre des cas d’influenza aviaire en France ou dans les pays voisins, le niveau de risque peut varier selon les zones du territoire français.
En outre, l’arrêté du 24 janvier 2008 définit au plan géographique la notion de zones à risque particulier, qui sont des zones écologiques spécifiques (zones humides) fréquentées par les oiseaux migrateurs, dans lesquelles la probabilité de l’infection des oiseaux sauvages par le virus influenza est jugée plus élevée. A l’intérieur de ces zones à risque particulier, les mesures de prévention et de surveillance peuvent être plus sévères que dans le reste du territoire, en fonction du niveau de risque épizootique.
Il existe en France métropolitaine deux catégories de zones à risque particulier (pour les visualiser, cliquez ici) :
Le département de la Meuse est concerné par ces deux catégories de zone :
Pour voir la carte de la Meuse avec les zones à risque particulier : cliquez ici. Pour connaître la liste des communes de la Meuse présentes dans ces zones à risque particulier, figurant à l’annexe 7 de l’arrêté ministériel du 24/01/08 : cliquez ici. 15. Quel est le niveau de risque actuellement en vigueur en France ?
Depuis le 27 août 2008, le niveau de risque influenza aviaire est redescendu à "négligeable 2" sur l’ensemble du territoire français.
16. Quelles sont les mesures à respecter du fait de ce niveau de risque actuel ?
Au niveau de risque épizootique "négligeable", les mesures générales de prévention des élevages de volailles et autres oiseaux sont les suivantes :
17. Est-il nécessaire de confiner dans un bâtiment fermé, les volailles ou autres oiseaux que j’élève d’habitude à l’extérieur ?
Le confinement permet d’empêcher au maximum le contact entre les oiseaux domestiques et les oiseaux sauvages, notamment d’espèces migratrices, susceptibles de transmettre le virus de l’influenza aviaire.
Le caractère obligatoire ou facultatif du confinement dépend du niveau de risque épizootique, ainsi que de la zone concernée :
- Aux niveaux de risque "négligeable 1", "négligeable 2", et "faible" : le confinement n’est pas obligatoire, quelle que soit la zone.
- Au niveau de risque "modéré" : le confinement est obligatoire seulement dans les zones à risque particulier prioritaires.
- Aux niveaux de risque "élevé" et "très élevé" : le confinement est obligatoire quelque que soit la zone, dans toute les régions où s’applique le niveau de risque "élevé" ou "très élevé".
Dans le cas actuel du niveau de risque "négligeable" en vigueur depuis le 27/08/08 sur le territoire national métropolitain, le confinement est donc facultatif.
Lorsqu’il devient obligatoire, le confinement doit se faire dans un bâtiment comportant un toit étanche et des parois latérales interdisant toute pénétration d’oiseaux. A défaut d’un tel bâtiment, le confinement est également considéré comme effectif si l’élevage ou le lieu de détention des oiseaux est protégé par des filets à maille fine, recouvrant l’ensemble du parcours auquel ont accès les oiseaux captifs ; les filets et leurs supports ne doivent donner aucune possibilité aux oiseaux sauvages de se percher au niveau des parcours. Ces filets doivent également interdire l’accès aux oiseaux sauvages de l’ensemble du plan d’eau mis éventuellement à disposition des oiseaux captifs.
18. Dans quelles conditions puis-je bénéficier d’une dérogation pour ne pas confiner mes volailles ?
A partir du niveau de risque "élevé" (ou du niveau "modéré" pour les élevages des zones à risque particulier prioritaires), si vous possédez une basse-cour de moins de 100 volailles ou autres oiseaux, aucune dérogation au confinement n’est possible.
Pour les éleveurs professionnels élevant des oiseaux ou volailles dans certaines conditions (volailles plein air, labellisées, etc...), et qui ne peuvent pas les confiner dans des bâtiments, des dérogations au confinement sont prévues à condition que l’élevage respecte un guide de bonnes pratiques sanitaires prévu dans l’arrêté du 24 janvier 2008. En outre, l’éleveur est tenu de faire pratiquer, à son initiative et à ses frais, une visite vétérinaire de son élevage, laquelle devra par ailleurs être renouvelée chaque mois si l’élevage est situé dans une zone à risque particulier.
19. Dois-je faire recenser ma basse-cour auprès des autorités ?
Depuis le 25 février 2006, la réglementation impose à tous les détenteurs d’oiseaux (volailles, oiseaux d’ornement, gibiers à plumes, etc...) de déclarer leur élevage au maire de leur commune au moyen d’un formulaire disponible en mairie. Cette obligation vaut pour tous les possesseurs d’oiseaux, que leur détention soit à titre privé (basse-cour familiale, etc...) ou dans le cadre d’un élevage professionnel, et quel que soit le nombre d’oiseaux détenus. Toutefois, cette déclaration n’est pas obligatoire pour les oiseaux détenus dans un local à usage de domicile ou dans un bureau, tels que des oiseaux exotiques en cage par exemple.
20. Que dois-je faire si je trouve un ou plusieurs oiseaux sauvages morts ou malades ? Quelles précautions dois-je prendre ?
Il faut savoir que d’une manière générale, la découverte d’un cadavre d’oiseau, surtout en hiver, correspond à une mortalité tout à fait normale et ne justifie aucune mesure de surveillance particulière.
Pour autant, depuis 2005, un système de surveillance de la mortalité des oiseaux sauvages a été mis en place en France. Dans chaque département, cette surveillance est désormais coordonnée par la direction départementale des services vétérinaires (DDSV). En conséquence, si vous découvrez un ou plusieurs cadavres d’oiseaux sauvages, vous pouvez appeler directement la DDSV (en Meuse : tél. 03 29 79 07 97 : voir le logigramme). Selon le contexte, la DDSV juge de la pertinence du ramassage du ou des cadavres avant de déclencher l’action des services partenaires (office national de la chasse et de la faune sauvage, laboratoire vétérinaire départemental, etc...).
Pour des raisons d’hygiène évidentes, il est recommandé de ne pas toucher les cadavres d’oiseaux (comme d’ailleurs de tout autre animal). Néanmoins, si vous devez manipuler des oiseaux malades ou morts, protégez-vous les mains avec des gants, et transportez-les dans un sac fermé.
Si le cadavre a été trouvé en dehors de la voie publique et ne justifie pas d’un ramassage, il peut alors être laissé sur le site pour subir une dégradation naturelle.
21. Ai-je le droit de faire vacciner mes volailles contre l’influenza aviaire ?
Non, la vaccination contre l’influenza aviaire est interdite pour les volailles. En revanche, elle a été rendue obligatoire pour certaines espèces d’oiseaux détenus dans les parcs zoologiques ou ornithologiques français, dès lors que leur confinement n’est pas possible.
22. Y a-t-il un risque de contamination humaine lié à la consommation de volailles ou d’œufs ?
L’Union européenne a interdit l’importation des volailles vivantes, des viandes de volailles, et des œufs en provenance des pays étrangers atteints par l’influenza aviaire. La bonne application de cette interdiction est contrôlée par les services vétérinaires et par les douanes des pays membres de l’Union européenne, notamment la France. D’autre part, la transmission à l’homme du virus aviaire s’effectue par voie aérienne. Le risque de contamination de l’homme par l’ingestion de viandes ou d’œufs infectés par ce virus, est considérée comme négligeable par l’AFSSA : en effet, le virus influenza est détruit par la cuisson ; même en cas de consommation de produits crus, il est également inactivé par l’acidité du suc gastrique. Il n’y a donc aucun danger à consommer des viandes de volailles et des œufs dans le contexte actuel.
23. Puis-je participer à un concours ou une exposition en y amenant mes oiseaux d’ornement ?
Selon le niveau de risque épizootique en vigueur, les rassemblements de volailles et autres oiseaux, tels que les concours ou les expositions, peuvent être ou non interdits.
Au niveau de risque "modéré", les rassemblements sont interdits seulement dans les zones à risque particulier prioritaires ou pour des oiseaux provenant d’élevages situés dans ces mêmes zones.
Aux niveaux de risque "élevé" et "très élevé", tout rassemblement de volailles ou d’autres oiseaux est interdit sur l’ensemble du territoire métropolitain. Toutefois, les autorités départementales peuvent autoriser, par dérogation, les rassemblements d’oiseaux appartenant à certaines espèces de volière dont la liste est fixée à l’annexe 6 de l’arrêté ministériel du 24/01/08.
24. Les chats ou les chiens peuvent-ils constituer un risque de transmission de l’influenza aviaire à l’homme ?
Plusieurs cas de chats infectés par le virus H5N1 ont été découverts en Allemagne et en Autriche en 2006, notamment dans des zones où le virus était alors très présent sur les oiseaux sauvages, favorisant ainsi la transmission aux chats errant à proximité, qui peuvent venir en contact avec ces oiseaux infectés.
Cependant, il n’y a jamais eu de cas recensé, même dans les pays fortement touchés par le H5N1, où un chat ou autre mammifère porteur du virus a pu contaminer un être humain. En France, le risque de transmission à l’homme du virus H5N1 par les chats ou les chiens est donc nul, notamment dans les départements comme la Meuse où aucun cas d’oiseau infecté n’a été détecté à ce jour. Il n’y a donc aucune raison valable d’abandonner son chat sous prétexte du risque « grippe aviaire ».
25. Les oiseaux présents dans les parcs et jardins publics constituent-ils un risque pour les gens qui fréquentent ces espaces verts?
Le risque sanitaire représenté par les oiseaux habituellement rencontrés dans les parcs et jardins publics (canards, cygnes, pigeons, ...) est nul à négligeable dans le contexte épidémiologique actuel, en particulier dans les départements comme la Meuse qui sont à ce jour indemnes de tout cas d’influenza aviaire. Toutefois, les personnes qui fréquentent ces lieux doivent respecter certaines précautions, à savoir :
- Ne pas toucher les oiseaux, en particulier s’ils sont malades ou morts.
- Ne pas laisser les enfants jouer avec des oiseaux, ou dans des endroits souillés par des déjections d’oiseaux ; leur laver les mains à l’eau et au savon après les jeux à l’extérieur dans les lieux fréquentés par des oiseaux.
- Ne pas nourrir les oiseaux.
- Signaler aux agents du parc ou aux employés municipaux toute découverte d’oiseau malade ou mort, afin qu’il soit ramassé et le cas échéant soumis à un contrôle vétérinaire.
26. Quelle est la différence entre la grippe aviaire et la grippe humaine à virus mutant que les autorités sanitaires redoutent sous sa forme pandémique (c’est-à-dire présentant une diffusion à l’échelle de plusieurs pays, voire planétaire)?
Il ne faut pas confondre l’influenza aviaire présente sur les volailles et oiseaux sauvages dans différents pays étrangers, notamment asiatiques, et la grippe humaine hautement pathogène qui pourrait être provoquée par un virus grippal mutant. L’influenza aviaire ("grippe aviaire") est avant tout une maladie des oiseaux. Sa transmission à l’homme est très rare, et nécessite un contact très étroit entre les oiseaux malades et les personnes (contamination par voie respiratoire), ce qui se produit dans des conditions de promiscuité extrême telles qu’on les trouve en Asie ou dans certains pays du Moyen-Orient. Il faut rappeler que même dans les rares cas de transmission à l’homme du virus influenza aviaire, le malade humain ne le transmet pas aux autres personnes.
27. En tant qu’éleveur d’oiseaux ou de volailles, puis-je me protéger contre la grippe aviaire en me faisant vacciner contre la grippe hivernale?
Non, car le vaccin commercialisé dans les pharmacies contre la grippe humaine classique (grippe dite saisonnière ou hivernale) n’a aucun effet protecteur contre le virus H5N1 de l’influenza aviaire sévissant actuellement en Asie ou dans d’autres pays. Par contre, il est intéressant de vous faire vacciner contre la grippe classique pour empêcher une dissémination du virus grippal humain et par voie de conséquence, limiter la possibilité de recombinaison avec un éventuel virus influenza aviaire qui surviendrait dans votre élevage.
Pour en savoir plus : consultez les sites www.grippeaviaire.gouv.fr et www.agriculture.gouv.fr
- Listes communes risque IAHP (format PDF - 334.3 ko)
- Carte ZRP Meuse (format PDF - 421 ko)
- Fiche_mortal_IA_rev4 (format PDF - 18.8 ko)


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