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Questions-Réponses sur la rage


1. Définition de la rage

La rage est une encéphalomyélite mortelle affectant tous les mammifères et l’homme. C’est l’une des zoonoses majeures les plus graves et les plus craintes dans le monde. Les zoonoses sont des maladies et infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l’homme et vice-versa. Maladie infectieuse, virale et inoculable le plus souvent par morsure, commune à l’homme et aux mammifères, la rage est due à la multiplication dans le système nerveux d’un virus appartenant à la famille des rhabdovirus, qui provoque inéluctablement la mort des animaux et des personnes après l’apparition des symptômes.


2. Quels sont les vecteurs de la rage ?

Le principal vecteur et réservoir de la maladie dans le monde est le chien. Dans les pays d’Europe, le vecteur principal était le renard. Diverses espèces de chauves-souris peuvent également être la source de contaminations dans différentes régions du monde.




3. Quelle est la répartition géographique de la rage ?

La rage animale est une maladie mondiale, présente sur tous les continents (excepté en Australie) et principalement localisée en Amérique du Sud, en Asie et en Europe. En France, après une absence de 50 ans, la rage était réapparue en mars 1968 par la frontière du Nord-Est, dans le département de la Moselle. Il s’agissait du premier cas de cette maladie qui a déferlé sur l’Europe de l’Ouest à partir de la Pologne.

Depuis cette date, le nombre de cas enregistrés sur les animaux et le nombre de départements atteints en France n’avaient cessé de progresser de façon continue pour atteindre un maximum en 1989 avec 4 212 cas recensés sur des animaux durant l’année, et 38 département déclarés atteints de rage vulpine.

En presque 33 ans, 49776 cas de rage ont été diagnostiqués en France, dont 40306 concernaient des espèces sauvages et 9470 des espèces domestiques. Par la suite, en raison de la lutte active menée dans notre pays au moyen de la vaccination orale des renards contre cette maladie, la France a été déclarée officiellement indemne de rage en novembre 2001 par l’Office international des épizooties (OIE), le dernier cas ayant été enregistré sur un renard en décembre 1998. Le statut de « département officiellement déclaré atteint de rage » a été levé par arrêté du 30 avril 2001 dans les cinq derniers départements français concernés. Il est à souligner que, parmi les pays qui ont mis en oeuvre des plans de vaccination orale des renards, la France est le seul pays qui ait obtenu un succès continu.

Ce succès s’explique :

  • d’une part, par la rigueur de l’évaluation technique et scientifique qui a accompagné les campagnes de vaccination ;

  • et d’autre part, par la rapidité d’intervention et d’adaptation du ministère de l’agriculture et de la pêche et de ses partenaires à des situations nouvelles.


4. Pourquoi est-il dangereux de ramener depuis l’étranger des animaux au statut sanitaire incertain ?

De telles importations illégales font peser un risque majeur sur la santé publique et sur la santé animale, alors que notre pays a consacré des moyens importants à l’élimination de la rage du renard pour pouvoir se déclarer indemne de cette maladie.

L’animal introduit frauduleusement peut être en incubation de rage, entraînant alors des procédures sanitaires et administratives fastidieuses et contraignantes pour les personnes environnantes (la famille, les voisins, les amis) et leurs animaux de compagnie susceptibles d’avoir été en contact avec l’animal concerné (traitement antirabique vaccinal préventif des personnes, mise sous surveillance stricte ou euthanasie des animaux). Il peut aussi excréter du virus de la rage par la salive alors qu’il n’exprime pas encore de symptômes, ce qui accroît sa dangerosité potentielle.

La rage n’est pas une maladie du passé : de nombreux pays en sont atteints, en Afrique, en Asie, en Amérique latine et Amérique du Nord. Chaque année, des milliers de personnes meurent encore de rage dans le monde.




5. Quelle est la réglementation au regard des carnivores domestiques ramenés de pays étrangers ?

Il est interdit de ramener des chiens, des chats ou des furets sur le territoire français depuis un pays étranger, sauf sous certaines conditions sanitaires impliquant notamment l’identification de l’animal et sa vaccination antirabique en cours de validité. Ces animaux doivent donc être accompagnés d’un certificat sanitaire établi par un vétérinaire officiel du pays de provenance. Le non-respect de ces prescriptions réglementaires entraîne l’application de peines d’amende à l’encontre du contrevenant. Quand on veut voyager avec son animal dans un pays tiers infecté de rage, il convient de se renseigner auprès des autorités sanitaires françaises (ambassade de France, services vétérinaires départementaux, ministère de l’agriculture et de la pêche) sur les conditions et modalités sanitaires d’introduction ou d’importation d’animaux de compagnie dans notre pays.




6. Conditions réglementaires en vigueur depuis le 1er octobre 2004

Depuis le 1er octobre 2004, tout chien, chat ou furet voyageant dans l’Union européenne avec son propriétaire ou à titre commercial doit être identifié, vacciné contre la rage, et en possession d’un passeport européen fourni et rempli par un vétérinaire.

Depuis le 1er octobre 2004, pour pouvoir être importés sur le territoire de l’Union européenne à partir d’un pays tiers, les carnivores domestiques de compagnie (chiens, chats et furets) doivent satisfaire à des conditions sanitaires plus sévères :

  1. identification (tatouage ou micropuce implantée sous la peau) ;

  2. vaccination antirabique en cours de validité (primo-vaccination et rappels) ;

  3. titrage sérique des anticorps antirabiques effectué dans un laboratoire agréé par l’Union européenne, et réalisé au moins 3 mois avant l’arrivée dans l’Union européenne et au moins 30 jours après la vaccination. Le taux d’anticorps sériques protecteurs révélé par l’analyse de laboratoire doit être supérieur ou égal à 0,5 UI/ml.




7. Comment obtenir la liste des laboratoires agréés par l’Union européenne pour effectuer les tests sérologiques ?

Cette liste des laboratoires agréés par l’Union européenne peut être consultée à l’adresse Internet suivante : http://ec.europa.eu/food/animal/liveanimals/pets/approval_en.htm


Lorsqu’on voyage depuis la France vers un pays tiers avec son animal de compagnie, il est impératif de prendre contact avec son vétérinaire, qui indiquera la conduite à suivre pour la vaccination antirabique et la réalisation du test sérologique nécessaire au retour de l’animal dans son pays d’origine.




8. Quels sont les pays à partir desquels les animaux entrant sur le territoire européen sont dispensés du titrage sérique des anticorps antirabiques ?

Il s’agit des pays suivants :

Andorre, Antigua-et-Barbuda, Antilles néerlandaises, Argentine, Aruba, Île de l’Ascension, Australie, Bahreïn, Barbade, Bermudes, Belarus, Bosnie-Herzégovine, Îles Caïman, Canada, Chili, Croatie, Émirats arabes unis, États-Unis d’Amérique (y compris Guam), Fidji, Hong Kong, Islande, Jamaïque, Japon, Liechtenstein, Malaisie, Iles Malouines, Île Maurice, Mayotte, Mexique, Monaco, Montserrat, Norvège, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Polynésie française, Russie, Saint-Christophe-et-Nevis, Sainte-Hélène, Saint-Marin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Siège (Vatican), Saint-Vincent-et- Grenadines, Singapour, Suisse, Taiwan, Trinidad-et-Tobago, Îles Vierges britanniques, Vanuatu, Wallis-et-Futuna.

Cette liste, établie par la Commission européenne, peut être modifiée.




9. Qui établit un certificat vétérinaire pour l’importation de carnivores domestiques depuis un pays tiers ?

Le vétérinaire officiel du pays tiers d’origine établit le certificat vétérinaire selon le modèle prévu par la décision n° 2004/203/CE du 18 février 2004, rectifiée par décision du 17/04/04 parue au Journal Officiel de l’Union Européenne L111/ 83. Ce certificat doit être accompagné des justificatifs relatifs à la vaccination et au titrage des anticorps sériques. Dans le cas d’une réintroduction sur le territoire de l’Union européenne, le certificat sanitaire sus-visé peut être remplacé par le passeport de l’animal, dont le modèle est publié par une décision communautaire.




10. Que doivent faire les personnes résidant en France et souhaitant séjourner dans un pays tiers avec un carnivore domestique (chien, chat ou furet) ?
Il est conseillé :
  • de veiller à ne quitter le territoire communautaire qu’avec un animal identifié, valablement vacciné contre la rage, et présentant un résultat favorable au titrage des anticorps sériques ;

  • d’entreprendre les démarches nécessaires auprès de son vétérinaire traitant, au moins 2 mois avant le départ à l’étranger.


Des conditions supplémentaires existent pour l’introduction des animaux au Royaume-Uni, en Irlande, à Malte et en Suède. En cas d’importation d’animaux depuis un pays tiers à destination de l’un de ces états membres, il convient de se rapprocher de l’ambassade de cet état, située dans le pays tiers de résidence.




11. Que faire devant un animal suspect de rage ?

Un animal d’une espèce sensible à la rage est considéré comme suspect de cette maladie lorsqu’il exprime des symptômes évoquant la rage et ne pouvant pas être rattachés de manière certaine à une autre maladie. Un vétérinaire (ou la direction départementale des services vétérinaires) doit être consulté en cas de doute. L’animal sera alors placé sous surveillance sanitaire pour juger de son évolution, et une enquête épidémiologique sera menée pour déterminer les risques de contamination éventuelle.




12. Que faire devant un animal mordeur ?

Quelles que soient les circonstances, tout animal ayant mordu ou griffé une personne, même sans présenter de symptômes évoquant la rage, doit être soumis à une surveillance vétérinaire pendant 15 jours pour estimer le risque de contamination à l’égard de cette maladie. Trois visites sont obligatoires après un événement potentiellement contaminant (morsure ou griffure), la première après 24 h suivant l’évènement, la seconde après 7 jours, et la troisième après 15 jours (ou 1 mois s’il s’agit d’un animal sauvage). En cas de non-présentation de l’animal chez le vétérinaire, les forces de l’ordre (police ou gendarmerie) peuvent intervenir auprès du propriétaire pour l’obliger à respecter ses obligations.




13. Quelle est la législation sanitaire en matière de rage ?

Le ministère de l’agriculture fixe par arrêté les mesures de prophylaxie et de police sanitaire en vue de prévenir l’apparition de la rage, de limiter son extension et de permettre son extinction (article L. 223-13 du code rural).

Pour enrayer la propagation de la rage, et s’il l’estime nécessaire, le ministère de l’agriculture peut rendre obligatoire la vaccination antirabique et réglementer la circulation, le transport et l’exposition des animaux dans les lieux publics (article L. 223-14 du code rural).




14. Qu’appelle-t-on « animal reconnu enragé » ?

Lorsqu’une suspicion de rage est portée à l’encontre d’un animal, le diagnostic ne peut être confirmé qu’après la mort de celui-ci (mort naturelle, abattage ou euthanasie), au moyen d’analyses pratiquées sur son encéphale par un laboratoire de référence. Une fois ce diagnostic établi, l’animal est alors "reconnu enragé" selon la définition donnée à l’article R. 223-25 du code rural.




15. Qu’est-ce qu’un chien ou un chat contaminé par la rage ?

C’est un animal qui a été mordu ou griffé ou a été en contact avec un animal reconnu enragé. La décision concernant un animal contaminé de rage est prise par les autorités sanitaires. Dans ce cas, à la demande du Préfet, le maire concerné fait procéder à l’abattage du ou des animaux contaminés, à moins qu’il ne s’agisse d’animaux valablement vaccinés (dérogation à l’abattage).




16. Qu’appelle-t-on « période contaminante » ?

Il s’agit de la période au cours de laquelle l’animal a été mordu ou griffé par un animal reconnu enragé. Cette période tient compte de la virulence potentielle de la salive chez l’animal enragé à l’origine de la contamination, avant l’apparition des symptômes de la rage chez cet animal :

  • Si l’animal reconnu enragé est un animal domestique  : la période reconnue contaminante commence 15 jours avant l’apparition des symptômes et finit avec la mort de l’animal.

  • Si l’animal reconnu enragé est un animal sauvage apprivoisé ou tenu en captivité : d’après des critères scientifiques, la période contaminante commence 30 jours avant l’apparition des symptômes et finit avec la mort de l’animal.




17. Quelle est la responsabilité du Maire ?

Il doit prendre toute disposition propre à empêcher la divagation des chiens et chats. Il peut prescrire que les chiens et les chats soient tenus en laisse, et les chiens muselés. Il peut ordonner la mise en fourrière des chiens et des chats errants.